"Nous étions tous venus pour la belle, la grande, l'unique, la pyrotechnique June Anderson. Elle ne
nous a pas déçu : pertinence du récitatif, pathétisme
sans pathos, timbre limpide, style élégant et pur, vocalises
irréprochables, perfection du trille, aigus survoltés. Un
feu d'artifice vocal de tous les instants. L'ovation finale ? A l'aune
de son talent : immense."
Christian Colombeau, Forum Opéra
Cette Sonnambula ressemblait à un gigantesque récital de June Anderson, tout le reste du plateau ayant pour fonction de l’accompagner et de la mettre plus encore en valeur. Une sorte d’écrin à une perle, bien telle qu’on l’attendait, limpide, étincelante, parfaitement polie. Les silences, dans lequel les respirations suspendues étaient presques palpables, qui précédaient ses moindres interventions, les applaudissements, cris, frappements de pieds et autres manifestations bruyantes d’un enthousiasme proche du délire, les visages transportés des spectateurs une fois la salle rallumée, étaient à la mesure de l’importance et de la qualité de l’événement.
Ces chanteurs recueillis, rassemblés autour de l’émouvante et caractéristique silhouette de la diva, longue et oscillante, toujours au bord du déséquilibre, interprétaient moins l’opéra de Bellini qu’ils ne participaient à un « tribute to June Anderson ».. mais, finalement, n’étions-nous pas venus précisément pour cela ?
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